Que manque-t-il aux logiciels libres pour arriver à détrôner leurs homologues propriétaires (gratuits ou payants) ? Je ne vais pas ici déballer une longue thèse, une dissertation infinie avec plein d’arguments… Non, je vais vous offrir ici ma déduction après pas mal d’analyses.

  1. Ça fait la même chose
    Je ne pense pas que la différence se fasse sur les fonctionnalités. Grosso-modo, les outils sont capables de faire la même chose, du moins les fonctionnalités sont suffisante pour un utilisateur commun.
    Exemples : Open Office.org vs MS Office, Internet Explorer vs Firefox

  2. C’est le même prix (ou moins cher)
    C’est bête à dire, mais inutile de chercher du côté du prix. Le coût à l’achat est soit le même, soit inférieur, soit même gratuit
    Exemples : Open Office.org vs MS Office, Internet Explorer vs Firefox

  3. Mais… c’est moins bien fini !
    Voilà donc le point qui fait fortement défaut selon moi dans la grande majorité de ces outils libres. Outil système, application de gestion, portail web… Quelque soit la solution étudiée, il y a un très grand nombre de solutions libres dont l’interface est délaissée. Le visuel. Le graphisme. L’Interface Homme-Machine. Le dezaïgn. Appelez ça comme vous voulez. Toujours est-il que je fais partie de ceux qui pensent que le contenant est au moins aussi important que le contenu, tant en argument de vente qu’en véritable révolution pour l’utilisateur. Énormément d’interfaces sont :

    • mal pensées
    • peu attrayantes
    • sources d’erreurs pour l’utilisateur
    • la raison du choix final vers un équivalent propriétaire

    Qu’on se le dise. Un outil qui semble approprié sera toujours préféré à celui qui semble ne pas l’être. Une interface bien pensée permet de décider en une fraction de seconde si tout ce qu’on attend – et juste ça – est bien là.
    En image, cela donne :

    Amarok:
    interface Amarok

    iTunes :
    interface iTunes

    Vous ne voyez pas de différences ? ZeTechnology va vous aider…

    • Amarok se présente comme un ensemble d’éléments similaires, des listes noires sur fond blanc. iTunes présente des éléments bien distincts : menus à gauche avec icones, liste de titres en bas… alternant fond bleu clair / fond blanc…

    • En terme d’images, pas besoin de faire un dessin. Qu’on aime ou pas le système Coverflow, l’impact visuel est là ! iTunes présente beaucoup plus d’éléments graphiques :
      • le lecteur audio en lui même (bouton play, barre de progression…)
      • les icones dans le menu de gauche
      • la pochette coverflow au milieu
      • la pochette de l’album en bas à gauche, qui reste quelque soit le mode d’affichage (coverflow, liste…)
      • l’icone « en cours de lecture » en face du morceau
      • les étoiles en guise de notation des morceaux

      Comptez maintenant le nombre d’éléments graphiques dans Amarok… flagrant non ?

    • Regardons maintenant la position des éléments… Elle est relativement similaire dans les 2 produits, et ces positions sont toutes plus ou moins agençables…Mais que diable fait donc cette barre de lecture en bas de l’application ?! Alors que ces boutons sont le coeur même de la moindre application Audio, qu’est-il donc passé par la tête des concepteurs d’interface développeurs ? De quoi perdre très bêtement le premier utilisateur venu.

Ma conclusion ? Améliorer tout cela ! Évidemment, les interfaces actuelles sont fonctionnelles, ne choquent pas le commun des geeks, permettent de satisfaire le gros barbu qui admire la consommation CPU minimale et la possibilité de contrôler son lecteur par un tunnel SSH. Mais si on veut ouvrir véritablement le logiciel libre, l’ouvrir au monde, aux écoles, aux administrations, je suis persuadé qu’il y a un changement majeur à effectuer à ce niveau… un changement en profondeur, les logiciels exploitant souvent les widgets de base offerts par le système d’exploitation. Faire l’impasse sur l’interface est une erreur monumentale, le visuel influant beaucoup sur la décision de l’utilisateur et son ressenti vis à vis du logiciel.

Ma solution ? Parallèlement aux très actives communautés de développeurs, je me permet de penser que l’univers du libre devrait fonder et développer des communautés actives d’ergonomes, de graphistes, de skinners, de dizaïgneurs, bref appelez ça comme vous voulez. Une mise en place majeure qui pourrait bien changer la donne rapidement.

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8 commentaires jusqu'a maintenant

  1. noreply@blogger.com (Michaël Betsch) @ 2009-05-07 18:00

    Excellent article ! Bravo

  2. noreply@blogger.com (DjumB) @ 2009-05-11 03:57

    Tout à fait d’accord avec toi… Les finitions ne sont que très rarement soignées!
    Je crois que le meilleur exemple en terme d’ergonomie pas pratique du tout est Gimp…
    Très intéressant et bonne alternative à Toshop, mais le systeme de fenetre est vraiment à réviser!

  3. noreply@blogger.com (Adrien Mogenet) @ 2009-05-11 06:51

    C’est vrai que c’est un très bel exemple aussi tiens… C’est fort dommage, quand on voit la puissance du logiciel :-/

  4. noreply@blogger.com (koni) @ 2009-05-11 14:13

    D’après moi, ce qui manque souvent et qui est essentiel, c’est :
    - du support autre que des forums
    - la garantie que le logiciel ne sera pas abandonné ou repris par n’importe qui.

    Si il existe des solutions au 1er pb que je pose, le second est bcp plus délicat.

    Nicolas DARQUÉ aka infonico

  5. noreply@blogger.com (Adrien Mogenet) @ 2009-05-11 16:15

    Le premier problème fonctionne en effet – surtout – pour les logiciels libres « 100% gratuits », les solutions commerciales misant souvent beaucoup sur le support.

    Toujours est-il qu’il est vrai que varier les supports de documentation ne ferait pas de mal… avec davantage de tutoriaux, de traductions, etc…

    Pour le 2e, je pense que c’est une conséquence des autres problèmes. Si je trouve un outil qui fait ce que je veux, mais qui est pas « fini » au sens où l’entendent l’article et les commentaires (manque de doc, interface baclée…) je peux m’attendre à un manque de succès, et donc un arrêt du projet.

    Un projet libre qui reçoit sa part de succès (citons : Drupal, Apache, Firefox…) peut facilement présenter de bonnes garanties quant à la mise à jour et la continuité.

  6. [...] article est relativement proche finalement des idées que j’avais commencé à avancer dans un de mes articles (Interface dans les logiciels libres [...]

  7. Des problèmes d’ergonomie sans doute.
    Mais il y aussi de réelles différences en terme de fonctionnalité. En ce qui concerne open office les fonctionnalités proposées soient vraiment moindres que dans office de Microsoft. J’ai utilisé open office pendant plusieurs mois et je suis retournée à Microsoft et ce n’est pas l’ergonomie qui était en cause …

  8. Intéressante remarque, que te manquait-il dans OpenOffice.org par rapport à Microsoft Office ?

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