Parlons photographie. Ça fait un petit moment, et puis après tout, je suis l’auteur, j’écris ce que je veux, c’est moi qui décide. Je ne me considère absolument pas comme photographe professionnel, et si je devais choisir un qualificatif, je choisirais « intéressé ». Mais j’ai récemment eu la très bonne surprise de recevoir des e-mails me demandant si mes clichés du forumPHP 2009 pouvaient être exploités au sein de sites web (La Ferme Du Web) ou newsletters (PrestaShop).
J’ai également pour habitude de couvrir les soirées auxquelles je participe, et à chaque fois mes souvenirs imagés ont l’air de satisfaire pleinement organisateurs comme participants. Avec le temps. j’ai l’impression d’affiner mes méthodes de travail. Je vous livre ici la réflexion qui se trouve derrière ces méthodes ; réflexion qui n’est que le pur produit de conseils éclairés entendus et échangés entre photographes.
1) Shooter… au bon moment
Lorsqu’on met en scène une ou plusieurs personnes, il y a autant de clichés à prendre que de secondes qui s’écoulent. Pour réussir sa photo, autant choisir la meilleure seconde. Une inclinaison de tête, un mouvement de bras, un regard, une posture, autant de différences qui peuvent venir contribuer au résultat final. Appuyer sur le déclencheur sans relâche n’est pas la clé de la réussite. Appuyer au bon moment, oui.

En général, je cadre la scène, je prévois tout, je fais quelques tests, et je choisis ma seconde à moi, celle où il y a une raison de déclencher. Il m’est arrivé parfois d’utiliser le mode rafale pour pouvoir choisir entre 4 ou 5 clichés très proches, mais rarement davantage.
2) Shooter… correctement
Le numérique offre des possibilités étendues en matière de retouche. Même s’il est parfois tentant de ne pas trop réfléchir sur le moment et de remettre la réflexion à la phase d’editing (voir plus loin), attention tout de même à shooter tout de suite correctement. Non seulement c’est une bonne manière de réduire le nombre de photos ratées, mais c’est aussi une bonne manière d’accélérer le choix final en réduisant le nombre de clichés.
3) Être toujours prêt
Mon ressenti (et c’est juste un ressenti, entendons nous bien) est que certains ont tendance à arriver sur place, et se content de « prendre l’évènement en photo ». Or, chaque évènement est ponctué de micro-évènements qui méritent d’être photographiés. Dans la lignée de la méthode précédente, je ne peux que vous conseiller d’être tout le temps prêt à survenir en cas d’évènement. Être prêt, ça veut dire : objectif découvert (ou pas trop couvert), en hyperfocale au cas où le temps mis par l’AF pour s’actionner soit trop long, avec un couple vitesse/ouverture déjà ajusté décemment (le plus souvent, je suis en 400 ISO, autour de f5.6 à 1/100s avec mon 50mm f/1.4, de quoi figer l’action avec une ouverture correcte). Le top du « toujours prêt » : avoir un petit compact qui s’initialise suffisamment rapidement.
4) Shooter en RAW
On nous le rabâche à longueur de conseils, mais au début on ne voit pas trop pourquoi. Non pas qu’on ne puisse pas faire de photos réussies en JPEG, bien évidemment, mais il suffit d’une photo sauvée pour s’apercevoir que le format RAW rendra bien des services. De nos jours, les cartes sont assez rapides pour écrire les fichiers RAW sans ralentir le shooting. Donc aucune raison de s’en priver ! Notamment lors des soirées, le RAW me permet de shooter à des vitesses plus rapides, pour obtenir des photos plus nettes mais plus sombres, pour ensuite réhausser les ombres sans perdre trop de qualité. En conférence ou en évènement plus conventionnel, le RAW se rend utile en facilitant la correction des couleurs et lumières artificielles (projecteur trop violent, lumières beaucoup trop colorées…)
5) Un editing efficace
Ça y’est, j’ai pris mes photos – pas trop – et c’est le moment de se pencher sur son moniteur (correctement calibré) pour choisir et arranger ses clichés. Je ne parlerais pas ici de la retouche, elle est propre à chacun, et personnellement je n’en effectue quasiment aucune. Un petit bout de recadrage par ci par là, et quelques réglages de couleurs/netteté pas bien méchants. Le choix, en revanche, est un vrai parcours du combattant pour le grand indécis que je suis.
Ma tendance générale est de restreindre autant que possible la sélection. Et ça commence dès la prise de vue ! (voir le point 2). Une fois les images importées dans Lightroom, je commence par un premier parcours, pour voir toutes les photos. Au 2e parcours, j’utilise les marqueurs proposés par l’outil d’Adobe pour retirer les photos visiblement ratées (trop de flou, personne avec une posture étrange…) et marquer celles que je trouve vraiment réussies. Avoir à choisir entre 2 clichés très similaires devient alors une étape récurrente et rarement facile. Il va pourtant falloir se débarrasser d’un des 2 ! Exposer le meilleur, seulement le meilleur, permettra à tout le monde de mieux percevoir l’évènement couvert et votre travail.
Conclusion
Ce que j’attends de cet article, c’est qu’il puisse éviter de vous contenter du « je déclenche, je publie« , avec comme sujet « Michel au début de son discours, Michel au milieu de son discours, Michel à la fin de son discours ». La démarche – personnelle – décrite ici ne relate que mon « mode de déclenchement ». Parallèlement à cela viennent bien sûr se greffer bien d’autres règles du photo-journalisme ou de la photographie (trouver un angle pour le sujet traité, une démarche artistique, etc.). Je pourrais vous quitter par un vilain « vous faîtes ce que vous voulez », mais je préfère finir en vous invitant à expérimenter ne serait-ce qu’une fois cette démarche lors de votre prochain évènement.
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